La concentration massique d'endotoxines dans le plasma est associée à la mortalité dans une cohorte multicentrique de patients présentant un choc septique au décours d'une péritonite

Il est aujourd’hui reconnu que les endotoxines bactériennes (ou lipopolysaccharides - LPS) jouent un rôle clé dans la pathogenèse du sepsis et du choc septique, en particulier lorsque l'infection est due à des bactéries à Gram-négatif. Cependant, l’utilité de mesurer le taux sanguin initial d'endotoxines afin de prédire la gravité de la maladie et le devenir des patients restait incertaine. L’objectif principal de la présente étude a été d’étudier la relation entre l'endotoxémie et le pronostic clinique des patients souffrant d’un choc septique au décours d’une péritonite. La concentration massique d'endotoxines a été mesurée dans le plasma des patients en utilisant une méthode directe et originale, utilisant la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem (HPLC-MS/MS). Ainsi, il a pu être démontré ici que la concentration massique d’endotoxines dans le plasma est associée à un risque plus élevé de mortalité. Fait important, le paramètre endotoxine ajoute indépendamment et significativement à la valeur prédictive du Simplified Acute Physiology Score (SAPS II) qui est largement utilisé pour estimer la probabilité de mortalité chez les patients dans les services de réanimation chirurgicale et médicale. Un second objectif de la présente étude a consisté à évaluer le processus de neutralisation et de détoxification des endotoxines, celui qui implique les lipoprotéines circulantes et la protéine plasmatique de transfert des phospholipides (PLTP). Ainsi, il est apparu qu’une concentration plasmatique élevée de PLTP en présence d'une concentration élevée d'endotoxines était associée à une réponse inflammatoire plus faible, avec notamment une diminution des taux circulants d’Interleukine 6. Dans la continuité des études précliniques antérieures chez la souris génétiquement modifiée ou recevant des injections de PLTP humaine recombinante, ces avancées viennent en support du rôle de la PLTP dans la neutralisation des endotoxines et la prévention de l’inflammation systémique chez les patients présentant un choc septique. Davantage d'études cliniques seront nécessaires afin de valider les résultats actuels et soutenir l'utilisation potentielle de la PLTP recombinante humaine pour prévenir et traiter le choc septique.

L’étude a été publiée le 29 octobre 2021 dans la revue "Frontiers in Medicine" : https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fmed.2021.749405/full